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les mystères du Candomblé Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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pratique-du-candomble-1Installée depuis plus de 40 ans à Rio, une sociologue française et prêtresse du Candomblé, Gisèle Cossard, vient de publier un livre pour expliquer les rituels de cette religion introduite au Brésil par les esclaves originaires d'Afrique de l'Ouest au XVIème siècle.

"Le Candomblé est devenu le centre de ma vie. Je ne suis plus jamais rentrée en France", confie cette "mère de saint" de 83 ans, auteur de "Awô: les mystères des orishas", les divinités Yoruba et Fon du Nigeria et du Bénin, publié en portugais au Brésil.

Objet de prohibition et de répression jusqu'en 1976, le Candomblé est rapidement passé de la clandestinité à une certaine reconnaissance institutionnelle et on dénombre aujourd'hui plus de 3.800 "terreiros" (lieux de culte) au Brésil.

"J'ai voulu, à la fin de ma vie, raconter mon expérience, expliquer les fondements et les rituels du Candomblé, le rôle d'une mère de saint, comment on ouvre un +terreiro+ et comment on prépare les initiés à recevoir les orixas pendant la transe", poursuit Gisèle 'Omindarewa' (Belles Eaux).


En 1970, elle avait déjà publié une thèse de doctorat à la Sorbonne sous l'orientation du sociologue Roger Bastide, intitulée "Contribution à l'étude du Candomblé d'Angola". "Je lui disais que je n'étais pas sociologue et il me répondait: écrivez, écrivez, vous en savez plus que moi!".


Alors qu'elle assiste à un rituel du Candomblé en 1959 à Rio, où son mari travaille alors comme attaché culturel de l'ambassade de France, elle "entre en transe". C'est alors qu'elle décide de connaître à fond cette religion "très structurée qui s'appuie sur les forces de la nature (l'eau, la mer, le feu, les métaux, les éclairs, le tonnerre etc..) et dont la philosophie est très développée".


Sous l'influence de Pierre Verger (1902-1996), photographe et ethnologue installé à Salvador de Bahia depuis 1946, qui deviendra lui-même "babalao" (père des secrets du Candomblé ), elle finira par fonder son propre "terreiro" à Duque de Caxias, dans la banlieue nord de Rio.


Le "terreiro de la Française" attire des centaines de personnes quand retentissent les tam-tam, le jour de la cérémonie annuelle consacrée à Yémanja, l'orisha de la mer, en février.


Gisèle avait déjà vécu au Cameroun et au Tchad avant d'arriver au Brésil mais l'Afrique restait "mystérieuse" pour elle.


"Il était difficile de comprendre le peuple. Au Brésil, cela a été plus facile grâce au métissage et au synchrétisme religieux. Je me suis tout de suite intégrée comme blanche au milieu des afro-brésiliens".


Sa volonté de connaître les secrets du Candomblé était telle que Gisèle a tout fait "en cachette de son mari". Elle divorce en 1963 quand il est transféré dans un autre pays. Elle n'a jamais regretté d'avoir consacré sa vie au Candomblé même si ses deux fils ne l'ont pas approuvée.


Plus de 400 ans après l'arrivée des premiers esclaves, certains rituels sont mieux préservés au Brésil qu'en Afrique mais l'essence de la religion --la transe-- est la même, affirme Gisèle.


La transe est l'incorporation d'une force de la nature, selon un rituel très précis. Pendant la transe, l'un des innombrables orishas (Shango, Ogum, Yémanja, Oshossi, Iansan etc..) se manifeste.


"Cette force vient pour danser, transmettre les messages du divin et aider les hommes. Notre rôle est de découvrir quels sont les problèmes des personnes et comment on peut les aider au moyen d'offrandes aux orishas", explique-t-elle.


Malgré la concurrence récente d'innombrables églises d'inspiration protestante qui tentent de diaboliser les cultes d'origine africaine afin d'en récupérer les adeptes, le Candomblé continue à résister.


Mais la sociologue estime que ces églises représentent un danger par leur "prosélytisme et leur pompage d'argent" auprès des fidèles.


"Les évangélistes nient un grand pan de la culture brésilienne. En fait, ils sont racistes", conclut-elle, souhaitant que son livre aide à préserver les racines culturelles afro-brésiliennes.


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