| Brésil - Leçon des municipales pour l'élection présidentielle de 2010 |
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La leçon des municipales pour l'élection présidentielle de 2010 : le charisme de Lula est intransmissible
Sao Paulo
La ville megalopole de Sao Paulo RIO DE JANEIRO / MADRID, mardi 28 octobre 2008 (LatinReporters.com) - Principale leçon des élections municipales, dont le second tour a concrétisé le 26 octobre une lourde défaite du Parti des Travailleurs (PT, gauche) à Sao Paulo: l'immense charisme du président du Brésil et fondateur du PT, le socialiste modéré Luiz Inacio Lula da Silva, semble intransmissible. Son appui ne suffirait donc pas à garantir l'élection d'un président de gauche en 2010, lorsque Lula ne pourra pas, aux termes de la Constitution, briguer un 3e mandat.
Dans sa tentative frustrée de reconquérir
la mairie de Sao Paulo, capitale économique et financière de
11 millions d'habitants (près de 20 millions avec sa région
métropolitaine), la candidate du PT, Marta Suplicy, ex-maire de la
ville et ex-ministre du Tourisme, avait été fougueusement appuyée
par le président Lula. Le chef de l'Etat anima nombre de meetings de
sa candidate, au point qu'un observateur non averti aurait pu croire que Lula
ambitionnait la mairie.
Pour le PT, la lourde défaite à Sao Paulo signifie l'élimination probable, dans la course à la prochaine présidence, de l'une des deux protégées du chef de l'Etat. Marta Suplicy jouait en effet dans la mégapole son ambition présidentielle. Elle devait y prouver sa capacité de vaincre pour disputer à l'actuelle ministre de la Présidence, Dilma Rousseff, l'autre protégée de Lula, une prochaine désignation comme candidate officielle du PT à la présidentielle de 2010.
Avant les élections municipales, Lula avait déclaré publiquement qu'il désignerait lui-même son candidat, ou de préférence sa candidate, à la présidence. Mais si son charisme s'est révélé intransmissible à Marta Suplicy, il devrait sans doute l'être aussi à Dilma Rousseff, nettement moins connue que la vaincue de Sao Paulo. A dessein ou non, les succès du gouvernement et l'influence internationale grandissante du Brésil ont été associés si intimement à la personne de Lula qu'il n'en peut plus céder son auréole à d'autres.
Ce diagnostic s'est vérifié à Porto Alegre, où
la candidate du PT à la mairie, Maria del Rosario Nunes, n'a recueilli
que 41% des voix contre 59% à José Fogaça, vainqueur
sous la bannière du Parti Mouvement Démocratique Brésilien
(PMDB, centre). Il s'agit d'un autre coup dur pour le Parti des Travailleurs
de Lula, qui géra pendant 16 ans Porto Alegre, berceau du Forum Social
Mondial, le tremplin de l'altermondialisme.
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